Quoi de beau chez Google ?

On le sait bien, Google est un moteur de recherche tout sauf statique, et heureusement ! Entre mises à jour, nouveaux outils et changement dans sa politique de référencement, les actualités sont toujours nombreuses chez le géant du web. Alors voici un petit tour d’horizon de ce qu’il faut savoir en ce moment.

 

google actu
Tout d’abord, le SEO est résolument mobile en cette fin d’année 2014. Et cela devrait s’accentuer en 2015. Récemment, il a été confirmé que les sites Flash seront pénalisés au niveau de leur positionnement. Pourquoi ? C’est très simple, les terminaux mobiles ne les lisent pas ou mal. Les sites en flash utilisent des technologies non supportables sur un smartphone. Or de plus en plus de recherches se font sur mobile, tous ces sites deviennent donc obsolètes. Google a ainsi confirmé qu’un message d’avertissement s’affichera lorsque le site n’est pas optimisé sur mobile. La conséquence est évidemment un taux de clic moins important et donc un désavantage quant au SEO. Il teste donc très clairement la mise en avant des sites optimisés pour mobile, logique au vu de l’évolution de l’utilisation du web et la part grandissante du mobile sur celle de l’ordinateur. Une majorité de site n’est pas encore en responsive, on peut donc penser que ce nouvel élément va être une incitation efficace pour qu’ils le deviennent !

Toujours dans cette idée, le moteur de recherche a lancé un nouvel outil appelé « compatibilité mobile » (disponible gratuitement dans le Webmaster Tools) pour aider à l’optimisation des sites pour les terminaux mobiles. En quoi consiste cette optimisation ? Il s’agit de rendre aussi lisible et simple d’utilisation un site malgré les particularités du mobile (taille de l’écran par exemple). Il s’agira donc d’un site où il n’est pas nécessaire de scroller à gauche ou à droite ou de zoomer sur l’écran pour lire le texte par exemple. Ainsi, il vous dira sous forme de tableaux et de graphiques, les éventuelles erreurs que vous avez commises lors de la conception du site telles que l’utilisation du Flash, la taille de l’écriture, si la distance est suffisante entre les liens et les boutons d’actions etc. Merci Google ! (que ferait-on sans toi!) D’autres infos sur sur l’ergonomie mobile ici.

Ensuite, concernant le SEO encore, Google a clairement annoncé que bloquer le CSS et le JavaScript du crawl de ses robots aura désormais pour conséquence une moins bonne indexation. Alors que jusqu’à présent les robots ne s’attachaient qu’au HTML et donc à la pertinence du contenu proposé aux internautes, ils ne se limitent désormais plus au texte et il faudra donc leur donner bien plus d’informations. Plus question donc de les cacher dans le fichier robot.txt (qui rappelons le permettent d’empêcher les robots d’indexation d’accéder à une partie du site web) comme cela se faisait beaucoup jusqu’alors. Si Google montre désormais de l’intérêt aux fichiers CSS et Javascript, c’est qu’il y a des raisons, au-delà du fait d’avoir accès au maximum d’éléments (ce qu’il aime assez tout de même). En effet, cela donne différentes indications comme par exemple la performance et la rapidité d’un site qui est prise en compte dans le SEO ou l’utilisation de techniques qu’il sanctionne (par exemple un style CSS qui masque un spam). Il y a donc des intérêts mais aussi un inconvénient principal (sinon ça serait trop simple) : la confidentialité. Il sera en effet plus difficile de masquer le code, or un webmaster n’a pas forcément envie de voir n’importe qui y accéder et surtout potentiellement le reproduire… Nous verrons quelle réponse Google donnera à cette problématique.

Passons enfin à l’outil « nogotofail » nouvel outil open source de Google qui permet de tester la sécurité des sites web et appli mobiles. Cet outil est en fait utilisé depuis longtemps par le moteur de recherche qui souhaite maintenant le partager avec le grand public, trop aimable ! Il arrive quelques mois après son annonce en faveur de l’utilisation du HTTPS (http + ssl, protocole qui permet de consulter des pages de façon sécurisée) par un meilleur positionnement des pages concernées. Nogotofail vient donc poursuivre l’idée et s’assurer que les protocoles ssl/tls soient correctement utilisés puisque en les comptants dans les critères de SEO, ils seront amenés à être plus largement utilisés. Cet outil permettra donc de détecter les éventuelles failles (qui ont été nombreuses) pour pouvoir les corriger plus rapidement.

Voila vous savez (presque) tout pour le moment sur notre ami Google. Attention ces informations sont amenées à évoluer rapidement !

Mise à jour du 19 novembre: Google a dévoilé son label « mobile friendly » dans les résultats de recherche ! Voir l’article ICI.

L’école 42 est peut-être faite pour toi !

Crée en 2013 par Xavier Niel, 42 est une école d’informatique privée et entièrement gratuite. Alors que la toute première promotion est actuellement en stage, la rentrée vient d’avoir lieu pour la deuxième. L’idée de création de cette école part d’un constat : nous formons en France trop peu de développeurs, pourtant l’une des principales professions d’avenir dans le numérique. Et nous disposons d’un système d’enseignement mal adapté. Comme l’explique Gilles Babinet, entrepreneur et « digital champion » auprès de la commission européenne (c’est-à-dire responsable des enjeux numériques pour la France) sur le site de l’école : « Si la France, 5ème puissance économique mondiale, tenait sa place dans le numérique, au lieu d’être 20ème, elle aurait réglé le problème de l’emploi » !

Et en effet, les chiffres parlent d’eux même : 60% des start-up (européennes et américaines) recherchent ce type de compétence, 79% ont des difficultés à trouver des développeurs web et 41% citent cette pénurie comme l’une des causes de leur échec ! Pour remédier à ces difficultés, la France a mis en place plusieurs actions : revalorisation du métier, campagne de communication, visa pour attirer les développeurs étrangers etc. Mais avec l’utilisation croissante des technologies, la transformation numérique des entreprises, le passage au digital des administrations ou encore la question des big data, les besoins sont de plus en plus importants et ces initiatives ne sont pas (encore) suffisantes pour combler les besoins. Et tous les secteurs sont concernés.

C’est ce besoin croissant qui a été le point de départ de la création de l’école 42. Sa politique vise à s’éloigner du système d’enseignement en place, jugé dépassé et pas suffisamment adapté à la réalité de l’emploi ou trop cher. Parmi les associés, on retrouve Nicolas Sadirac, fondateur de l’Epitech, école pour l’informatique et les nouvelles technologiques et donc habitué à l’exercice. Alors que garantie l’école ?

  • Un enseignement adapté qui s’éloigne des méthodes classiques
  • Une sélection basée sur des exercices, pas sur les diplômes (tests en ligne puis la « piscine » : 4 semaines de koh-lanta version geek donc loin d’être accessible à tous tout de même).
  • La gratuité

Effectivement, quand on regarde les principes éducatifs, on constate vite la différence. Pas de système 1 professeur – 30 élèves ici. La pédagogie est communautaire, le système peer-to-peer (c’est-à-dire d’étudiant à étudiant) est mis en avant, la collaboration, la créativité, l’initiative également. Est-ce que cela marche ? Est-ce que les élèves (déjà méritant d’être arrivé jusque-là puisque il n’y a que 2500 places pour 15 000 inscriptions aux tests en ligne) sont garantis de « s’en sortir » après ? Il est difficile, pour le moment, de donner un bilan étant donné le peu d’ancienneté de l’école. Néanmoins, au vu des entreprises dans lesquelles sont en stage les élèves de la première promotion (Air France, Dassault, EADS, Iliad), l’orientation très concrète de l’enseignement et les parcours des créateurs de l’école, la valeur des sortants de l’école 42 sur le marché du travail est plutôt assuré !

 

Numérique: le succès français

A force d’entendre que la France va mal, que la crise et ses conséquences semblent être infinis et que le marché de l’emploi se porte mal, on en oublie presque qu’il y a, aussi, des choses qui vont bien ! Alors certes, tout n’est pas rose dans notre cher pays mais focalisons nous aujourd’hui sur ce qui va, sous un angle digital évidemment !

  • La France compte de nombreux génies du High-Tech…

De nombreuses innovations témoignent du savoir-faire, des compétences et de l’inventivité française. Récemment, Martha Stewart, à la tête d’un empire commercial et parmi les femmes les plus influentes du monde selon le magazine Time, faisait l’apologie du drone qu’elle utilise et pilote depuis son smartphone pour prendre des photos de sa propriété. Le créateur de cet engin, Henri Seydoux, est un français à la tête de la société Parrot. Crée il y a 20 ans, cette entreprise est à l’origine de nombreux produits : agendas électroniques à reconnaissance vocale, kit mains-libres pour automobilistes ou encore jouets connectés. En seulement 4 ans, 700 000 drones ont été écoulé à travers le monde.

Et les exemples sont nombreux : le fondateur de Deezer, Daniel Marhely, le « juke-boxe mondial », qui compte plus de 26 millions d’utilisateurs dans 200 pays différents est français. De même que le fondateur de Criteo, Jean-Baptiste Rudelle, société qui propose aux sites e-commerce de cibler puis inciter à l’achat les internautes qui les ont consultés.

 

  • … et des start up innovantes

Le web français a de l’avenir et les projets sont multiples. Ainsi, en octobre 2014, les start-up françaises du web ont levé 28 millions d’euros, soit 12% de plus qu’à la même période en 2013 ! Lendix, plateforme de prêt aux TPE et PME est en tête de classement avec 7 millions d’euros. TagCommander suit de près avec 6,5 millions d’euros.

Et ça ne s’arrêt pas là comme on le voit dans ce tableau comportant les 10 plus gros résultats en millions d’euros pour ce mois d’octobre !

Start up française

Source: « Le web français à levé 28 millions d’euros« , Journal du net, 13 octobre 2014.

 

  • Des succès féminins

Elles sont moins visibles que les hommes, pourtant parmi les leaders du numérique il y a aussi beaucoup de femmes ! Maëlle Gavet est PDG de l’équivalent russe d’Amazon. Le directeur général de l’opérateur historique Orange est une directrice, Delphine Ernotte-Cunci. Là encore, les exemples sont nombreux. Un livre récemment paru aux éditions Kawa leur est d’ailleurs consacré « Elles ont réussi dans le digital – Success stories à l’usage des hommes aussi » et dresse le portrait de pas moins de 32 femmes à la tête d’entreprise numérique ou d’un projet innovant. Néanmoins, les femmes ne représentent toujours que le quart des effectifs de la french tech, c’est ce qui a été rappelé à l’occasion de conférence « les femmes sont l’avenir du numérique » en juin dernier. Heureusement, ce nombre augmente d’année en année, il est donc fort à parier (et à souhaiter) que ce titre se vérifie sous peu !

Terminons sur un élément un peu plus léger, qui ne va pas révolutionner le paysage numérique français mais qui peut tout de même être souligné: La ville de Paris a plus de follower sur Twitter que la ville de New York !

La ville lumière est suivi par plus de 223 000 personnes contre près de 209 200 pour la grosse pomme et l’a donc dépassé ! Avec 5000 nouveaux abonnés par semaine en moyenne, ce chiffre devrait encore rapidement s’accroître. Certes, le compte de la ville de Paris a 2 ans de plus que celui de New York (crée respectivement en 2009 et 2011) ce qui lui donne un avantage chronologique. Mais la ville de NYC, avec 8 millions d’habitants (contre 2 millions à Paris intra-muros), a un avantage numéraire ! A souligner d’ailleurs que Paris a donc été précurseur par rapport à NYC dans l’adoption de cet outil social !

Pleins d’autres informations sur les projets, les initiatives, les réussites du web par région dans cet article du site l’usine digitale: La France du numérique 2014: région par région, découvrez les pépites de nos terroirs digitaux.

Le droit à l’oubli

Depuis un arrêt du 13 mai dernier de la Cour de justice de l’Union Européenne, les internautes ont la possibilité, via un formulaire, de demander à Google la désindexation d’un contenu web les concernant. Il ne s’agit pas de supprimer une information mais de ne plus la référencer dans les moteurs de recherche. Déjà 135 000 demandes ont été faite concernant 470 000 liens. D’après une étude de l’Institut réputation VIP, sur l’ensemble des demandes envoyées, 53% ont été accepté, 32% se sont vues refusées et 15% sont en cours de traitement nécessitant plus d’informations pour émettre une réponse. Les chiffres sont parlant, le droit à l’oubli est fortement utilisé et devrait l’être encore plus dans les prochains mois.

Droit à l'oubli

Le droit à l’oubli est la suite (logique ?) du droit à l’effacement de données numérique, consacrée en France par la loi Informatique et Liberté de 1978, revu et étendu en 2011 et qui ne concerne que les données personnelles. Considéré comme « un droit fondamental de l’Homme dans l’environnement numérique », il donne la possibilité aux individus de demander la suppression de leurs données personnelles si celles-ci sont conservées plus que nécessaire (article 6) ou si elles sont inexactes, incomplètes, équivoques ou périmées (article 40). Depuis l’arrêt de la CJUE, ce droit est étendu à tous les pays européen, nous avons donc franchi un pas supplémentaire dans le contrôle de l’utilisation d’internet et des contenus qui le compose.

Difficile à mettre en œuvre, cette décision amène avec elle plusieurs problématiques. Tout d’abord, la question est de trouver un juste équilibre entre l’intérêt privé et le droit au public d’accéder à l’information. Liberté d’expression et droit au respect de la vie privée s’opposent dans ce cas. La limite à ne pas franchir étant la censure. Et c’est à Google seul, pour le moment, de déterminer si la balance penche plus pour l’individu qui souhaite voir des informations le concernant disparaître ou si l’intérêt public doit être privilégié au détriment de cet individu. Autrement dit, il est le seul juge pour statuer et devient responsable du traitement des données.

Ensuite, cela pose des questions en termes d’e-réputation et de liberté sur internet. Près de 13% des demandes concernent des publications anciennes regrettées par les protagonistes. Le « préjudice » dans ce cas est moins avéré qu’un contenu injurieux ou diffamatoire. Les conditions pour voir sa demande acceptée doivent donc prendre en compte le degré de gravité du contenu traité et l’individu en question (personne publique ou non par exemple). Google refuse ainsi la désindexation des contenus crées par les internautes eux-mêmes.

Le géant du web s’est rapidement plié à cette décision avec l’élaboration du formulaire un mois environ après la décision. Mais il la critique néanmoins vivement et n’est pas le seul ! Nous verrons donc dans les mois prochains comment cette situation va évoluer.