Big Data et Ethique

Le volume de données que nous produisons en deux heures équivaut à celui produit depuis le début de l‘humanité à 2003 ! L’individu est devenu une sorte d’émission permanente de données numérisables, analysables et commercialisables. Nous avons toujours procédé à l’analyse des données depuis les débuts de l’informatique mais ce qui a changé c’est le volume de données. Il double tous les 18 mois ! C’est également le spectre de données disponibles. Usages de consommation, centres d’intérêts, parcours, les informations que l’on peut trouver sur une personne sont larges et permet un ciblage toujours plus précis. Ce profilage du consommateur permet ensuite une publicité très ciblée par exemple et donne un avantage certain aux entreprises.

Big Data

Créateur d’emploi et de métiers, les big data développent l’activité. Nous l’avons constaté récemment avec l’annonce de Google d’ouverture d’un centre de données aux Pays-Bas. Le géant américain, qui a un des plus gros volume de données à stocker, d’où ce projet, va investir 600 millions de dollars dans ce « data center » qui devrait employer 150 personnes.

Mais représentant un volume de données particulièrement important et étant un phénomène récent, les big data posent aussi un certains nombres de questionnements. Comment contrôler les données émises ? Qui en est propriétaire ? (on assiste beaucoup à de la revente d’informations) Doit-on les classifier ? Doit-on avoir peur pour les données personnelles ? Que faire de ces informations (autre que la publicité) ? Ainsi, le besoin de légiférer l’utilisation des métadonnées apparait comme nécessaire pour ne pas basculer de Big Data et Big Brother et c’est une évolution qui parait logique quoique que peu engagée pour le moment.

Du coté des entreprises également, une réflexion sur cette « galaxie de donnée » est nécessaire et une utilisation raisonnable et raisonnée de ces informations doit être privilégiée. Tant de données sur les individus ne sont pas à traiter de façon trop légère. Certaines d’entre elles peuvent être sensibles ou non volontairement dévoilées (le consentement est souvent flou sur le web). Selon Patrick O’Sullivan, professeur d’éthique à Grenoble école de management : « Le Big Data est là pour de bon pour la simple raison que l’informatique et l’internet sont là pour de bon. Maintenant il faut tracer des lignes autour de ce qui est acceptable ». Ethique et Big Data doivent donc être conjugués. Ainsi, la façon d’utiliser les informations récoltées et les limites qu’on se fixe dans cette utilisation sont autant d’enjeux que l’élaboration de logiciels et de structures de stockage, donc l’aspect technologique. Bertrand Duperrin, directeur du cabinet Nextmodernity, dans son article « Le big data demande une éthique et une culture spécifique » affirme « cette éthique de la donnée est aujourd’hui un élément de la relation de confiance à construire avec le marché ».

Les big data ne sont, à elles seules, pas une révolution, seules l’utilisation et la démarche de transformation menées par les entreprises en feront un outil efficace et digne d’un réel intérêt. Par ailleurs, au-delà d’une question technologique, elles posent des questions éthiques qui devront être étudiés avec autant d’intérêt.

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